Exposition Yverdon et son Château au fil du Temps, thème Place et Château (tirage numérique grand format 230cm x 300cm). © tcherdyne communication & design 2009


Une place animée

1835 environ

Sur une Place du Marché à l’élégance toute citadine, une diligence emprunte la rue du Milieu, l’ancienne Grande charrière, axe principal de transit à travers la ville, qui a perdu de son importance au cours du XVIIe siècle au profit de la rue du Lac. Encore dépourvue de trottoirs, la Place appartient à tout le monde. Centre de documentation et de recherche Pestalozzi, Yverdon-les-Bains

Vers 1850
Promenade dominicale sur la Place du Marché. Les paysannes portent le costume traditionnel des jours de fête tandis que les bourgeoises sont habillées à la dernière mode. Musée d’Yverdon et région

1890
Ainsi qu’en témoigne la mer de parapluies couvrant la Place en ce jour solennel du 5 juillet 1890, bourrasques, orages et pluies violentes accompagnent l’inauguration de la statue de Pestalozzi. Histoire d’une statue, Françoise Waridel, 1990

1913
L’ensemble architectural formé par le Temple, l’Hôtel  de ville et l’Aigle royal, tous construits dans le seconde moitié du XVIIIe siècle, confère à la Place son aspect classique. La façade du temple est due à Jean-Michel Billon, architecte genevois. L’Hôtel de ville fut dessiné par l’architecte Burnand de Moudon. Le rez-de-chaussée, conçu comme des halles, abrita le marché aux grains jusqu’à la fin du XIXe siècle. Le logis A l’Aigle royal (à droite sur la photo), est l’oeuvre de Beat de Hennezel. L’auberge n’eut qu’une brève existence et, dès 1799, les étages et le rez furent loués à des particuliers. En 1806, l’Institut des jeunes filles créé par Pestalozzi s’installa dans le bâtiment, actuellement siège de l’administration communale. Photo André Kern. Le vieil Yverdon, éditions de la Thièle, Yverdon-les-Bains, 1994

1913
Au nord de la place Pestalozzi, un groupe d’enfants prend la pose devant l’épicerie fine Cuérel. A l’époque, les épiciers importent eux-mêmes la plus grande partie de  leurs marchandises, car les grossistes n’existent pas. La publicité a fait ses premières apparitions au tournant du siècle. La vitrine de l’épicerie est d’ailleurs exclusivement dévolue aux produits Sunlight, mis en évidence au moyen de pancartes et de pyramides de savons. Les marques de chocolat sont, quant à elles, présentes sur la devanture de la confiserie qui vend également des glaces. A gauche, la maison abritant la pharmacie Charles Kasser se pare d’une façade néo-médiévale ornée de quelques touches renaissantes. Photo André Kern. Le vieil Yverdon, éditions de la Thièle, Yverdon-les-Bains, 1994

1959
Le marché d’Yverdon remonte à la fondation de la ville par Pierre de Savoie en 1260. Sur cette photo, prise en été depuis une fenêtre de l’Hôtel de ville, on découvre les paysans et maraîchers qui, au son de l’orgue de Barbarie, proposent leurs fruits et légumes dans des cageots posés à même le sol. Bouchers et fromagers abritent leurs étals sous des tentes ou dans des charrettes. La circulation automobile n’est pas interdite dans la ville ancienne et les voitures, encore relativement peu nombreuses, se parquent n’importe où sur la place, au milieu d’une nuée de vélos. Photo: Yverdon, éditions du Griffon, Neuchâtel, 1959

1808 environ
Abraham-Louis-Rodolphe Ducros, célèbre peintre paysagiste suisse, dessine la Place deux ans avant la démolition de la fontaine octogonale surmontée d’une femme ailée aux yeux bandés (allégorie de la Justice). Tout au bout de la rue du Lac, on distingue la porte de Gleyres (grève de rivière, du latin glarea, glaria, gravier, gros sable). Illustration: Ville d’Yverdon-les-Bains, Archives. Photographie Thierry Porchet, Yverdon-les-Bains

1920 environ
Cette scène a probablement été photographiée un dimanche, car les jeunes filles et les fillettes sont vêtues de robes claires. Les hommes arborent des canotiers et les jeunes garçons des costumes de petit marin. Charles Vodoz, qui fut syndic d’Yverdon de 1919 à 1933, est à la tribune, présidant la cérémonie d’inauguration du monument aux morts durant la première guerre mondiale, suite aux méfaits de la grippe espagnole de 1918. Photo Spalinger. Crédit Archives de la ville d’Yverdon-les-Bains. 57 photos d’Yverdon, éditions de la Thièle, Yverdon-les-Bains


Un édifice imposant

1810
Le 12 juillet, J.-J. Sigerist, élève à l’Institut Pestalozzi, dessine le Château avec la fontaine octogonale, juste avant la démolition de celle-ci – la statue n’y est déjà plus. Deux girouettes ornent alors les tours du Château: la cigogne et un croissant de lune, aujourd’hui disparu. Sigerist oublie de représenter les lucarnes dans la toiture de l’Hôtel de ville. Illustration: Centre de documentation et de recherche Pestalozzi, Yverdon-les-Bains

Vers 1815
Le Château, côté jardins. Devant la façade, les agrès de gymnastique de l’institut Pestalozzi. Au premier plan, le petit monticule arborisé est certainement un reste de l’ancien rempart de terre édifié dans le pré du Château par LL.EE. de Berne entre 1615 et 1618. Lithographie de Karl Weibel-Comtesse de Neuchâtel, d’après un dessin de Johannes de Laspée de Wiesbaden. Pestalozzi, Sämtliche Werke, 21. Band, Orell Füssli Verlag, Zürich, 1964

1817 environ
Le Château et ses jardins, du temps de l’Institut Pestalozzi. La future rue Pestalozzi, alors un simple chemin de terre battue, relie la Place du Marché à la rue des Jordils. Entre les deux grands noyers à droite, la tombe d’Anna Pestalozzi-Schulthess, décédée en décembre 1815. Illustration: Musée d’Yverdon et région

Vers 1835
Le Château, alors Institut de Mrs Rank et Kreis. On devine des silhouettes d’enfants dans la cour de récréation. Nouvellement aménagée avec des arbres d’ornement et des bancs publics, la future rue Pestalozzi située au sud du Château a été baptisée Promenade des Monuments. Lithographie de Karl Weibel-Comtesse de Neuchâtel, d’après un dessin de Johannes de Laspée de Wiesbaden. Musée d’Yverdon et région

1900 environ
Une énorme grange flanquée de quatre tours… c’est ainsi qu’un journaliste français du XIXe siècle se moquait du Château d’Yverdon… Cette lourde forteresse a servi de résidence aux Savoyards, puis aux baillis bernois. Elle a accueilli l’Institut Pestalozzi, des classes de l’école primaire et secondaire, des musées… Elle a été utilisée comme arsenal, comme grenier et comme prison. Durant des siècles, la maison de Savoie, puis les Bernois gardèrent leurs vins dans ses caves. Au début du XXe siècle, celles-ci sont occupées par le négociant en vins Petitat. L’histoire des caves du château a toujours été liée à celle de la viticulture, du moins jusqu’en 1992, lorsque le dernier locataire est parti. Photo: Le vieil Yverdon, éditions de la Thièle, Yverdon-les-Bains, 1994

Vers 1930
A cette époque, une douzaine de classes d’école primaire occupent le Château. La cour sud, au premier plan, sert de préau; deux volées d’escaliers séparent les classes des filles de celles des garçons. Entre les deux: une fontaine. Trente ans après la photo précédente, on voit que le crépi de protection a complètement disparu. La façade sud et les tours sont en très mauvais état.


© tcherdyne communication & design 2009