Pierre II de Savoie

Comment Pierre de Savoie en est-il venu à construire dès 1260 un château encore debout aujourd’hui et à créer une ville nouvelle dont le plan est encore celui de l’Yverdon actuel?

La puissante maison de Savoie n’intervient au nord du Léman qu’à partir de la seconde moitié du XIIe siècle. Pierre est Ie sixième fils du comte Thomas de Savoie. Sans espoir de jouer un rôle politique, il est destiné a la carrière ecclésiastique. Mais cet état ne semble guère lui convenir. A la mort de son père en 1233, il renonce à la cléricature et épouse la fille du baron de Faucigny (seigneurie de la vallée de l’Arve et des terres avoisinantes). Quant à l’héritage paternel, c’est son frère aîné qui l’obtient.

Les choses vont changer peu après 1240. Pierre hérite Moudon d’un frère mort prématurement. L’une de ses nièces a épousé en 1236 Ie roi d’Angleterre Henri III, et celle-ci, orpheline très tôt, a reporté son affection filiale sur ses oncles et notamment sur Pierre. II va donc faire de longs séjours en Angleterre, servant de conseiller au roi, l’accompagnant dans certaines expéditions ou voyageant pour le représenter. En 1254, Pierre hérite quelques possessions de son beau-père, Aymon de Faucigny, entre autre la région d’Yverdon. Titres, faveurs, bénéfices, revenus divers vont lui permettre de disposer des ressources nécessaires à la grande œuvre de sa vie: créer ou recréer une véritable seigneurie en pays de Vaud et aux alentours. II réorganise ses terres de manière administrative et fonctionnelle. Et cela suffit pour justifier son surnom de Petit Charlemagne.

Dans le cadre général de cette politique, la création d’une ville au nord du pays de Vaud est nécessaire. C’est sur un cordon sablonneux qui longe le lac que Pierre va établir une ville nouvelle dès 1260 et les habitants qui occupaient encore l’ancienne Eburodonum vont progressivement s’installer dans la ville neuve.

En juillet 1263, le jeune comte de Savoie, Boniface, neveu de Pierre, meurt à moins de 20 ans. Alors Pierre se fait reconnaître comme comte de Savoie. Hélas, il ne portera ce titre que durant cinq ans, car une maladie l’emportera en mai 1268 et c’est son frère Philippe qui lui succèdera jusqu’en 1285.

D’après Aubert Edmond, Histoire d’Yverdon I – Des temps préhistoriques à la conquête bernoise. Editions Schaer, Yverdon-les-Bains, 1995


Johann Ludwig Aberli (1723-1786)

Johann Ludwig Aberli naît à Winterthur le 14 novembre 1723 et mourra à Berne le 17 octobre 1786.

II s’initie à l’art chez le fils du célèbre peintre Felix Meyer, à Winterthur. Puis, peintre en bâtiment vers 1741 à Berne, il suit les cours de dessin chez Johann Grimm, à la mort duquel il reprend la direction de l’académie privée Grimm. II exécute de nombreuses commandes, souvent des portraits de groupe sur fond de paysage ou d’intérieur. En 1752, le Gouvernement bernois le charge de copier le plan-vue de la ville de Berne. Une série de douze petits paysages inaugure en 1757 sa collaboration avec le graveur sur cuivre Adrian Zingg, avec lequel il édite l’année suivante deux eaux-fortes topographiques: Vue de la ville de Berne du côté du Levant et Vue de la ville de Berne du côté du Midi.

Puis il se met à voyager: quelques mois à Paris et dans l’Oberland bernois. Les œuvres intitulées Thoune et Nidau (1765-1766) constituent les premières eaux-fortes au trait aquarellées, réalisées grâce à un procédé en trois étapes : esquisse des contours à l’eau-forte, traitement des ombres à l’encre de Chine, puis application de couleurs transparentes. Le procédé Aberli vaut bientôt à cet important représentant des petits peintres suisses une renommée européenne et la visite, entre autres, de Goethe. Ami de Salomon Gessner, de Zurich, influencé par les idées de Rousseau et d’Albert de Haller sur la nature, Aberli est à l’origine de l’école suisse du paysage. De son séjour au bord du lac de Joux avec Sigmund Freudenberger (Berne), il ramène la Collection de quelques vues dessinées en Suisse (1782). II réalise également une série sur les costumes régionaux. A la fin de sa vie, il revint de plus en plus à la peinture à l’huile.

D’après le Dictionnaire géographique de la Suisse, vol. 1. 2002. Editions Attinger, Hauterive


Jean-Jacques Berthoud de Plancemont

Né à Couvet, vers 1720, mort, croit-on, à Neuchâtel, au début du XIXe siècle.

Famille neuchâteloise protestante, originaire de Plancemont (hameau de la commune de Couvet). Les Berthoud travaillent la terre jusqu’à Jean qui devient architecte. Ses enfants font des études ou des apprentissages: ils seront horlogers tels Jean-Henry, Pierre et le célèbre Ferdinand, qui accèdera à Paris à la fonction d’Horloger du Roi et de la Marine, avocat, dessinateur-architecte. La grande célèbrité de Ferdinand fut la cause, sans doute, de l’effacement dans lequel tomba le souvenir de son frère Jean-Jacques. On sait fort peu de choses de lui, si ce n’est qu’il fut instituteur dans la famille Borel-Jaquet, à Côte Bertin, et dessinateur à la fabrique d’indiennes de Couvet. De qui reçut-il des leçons? On ne sait. Toujours est-il qu’il devait avoir beaucoup d’aptitudes naturelles à manier le crayon puisqu’on le surnomma le dessinateur. La tradition veut aussi qu’il ait peint, à Couvet, des catelles et des faïences, car beaucoup de ses dessins à la plume – genre dans lequel il excellait – sont entourés d’encadrements où la richesse de l’ornementation révèle un sens décoratif très sûr.

Jean-Jacques Berthoud a laissé des vues et des portraits – la plupart à la plume – qu’il signait parfois Bertholdus; il a collaboré au Registre des familles bourgeoises, conservé aux archives de la ville de Neuchâtel. C’est lui qui orna la lettre d’origine remise par la commune de Couvet à Jean-Jacques Rousseau, lorsque ce dernier était à Môtiers. II paraît avoir aussi pratiqué la gravure.

Extraits de: Dictionnaire historique de la Suisse, vol.1, 2002, et de: La gravure neuchâteloise, de Maurice Bois de la Tour, 1928


René Berthoud (1901-1983), peintre et aquarelliste

Né en 1901 à La Tour-de-Peilz où ses parents sont instituteurs, René Berthoud y accomplit ses premières classes. Très vite il s’intéresse au dessin et à la peinture, raison pour laquelle, après quelques mois à l’Ecole Normale, il entre, à l’âge de 16 ans, à l’Ecole des Arts et Métiers de Vevey. Sa première formation terminée, le jeune artiste la complète, dès 1919, à l’Ecole de dessin et d’art appliqué de Lausanne. En 1923, il obtient son brevet de maître de dessin. Au cours d’un séjour à Leipzig, il suit les cours de l’Académie des arts graphiques de cette ville. 1926 marque son retour en Suisse et une première exposition au Musée Jenisch de Vevey. La même année, il participe par les dessins des costumes et des bannières à la création de la Fête des Vignerons qui a lieu l’année suivante.

A la fin de l’été 1927, René Berthoud est appelé au collège d’Yverdon en qualité de maître de dessin. C’est le début d’une activité de 33 ans dans l’école yverdonnoise. Rapidement intégré dans cette région et conquis par le lac de Neuchâtel, il trouve à Yverdon non seulement des satisfactions professionnelles et familiales, mais aussi les sources de son inspiration et la mise en valeur de son art. C’est à Yverdon également qu’il se prend de passion pour la navigation à voile et devient le capitaine-fondateur de La Matelote, cercle de la voile yverdonnois. En 1947, René Berthoud part enseigner le dessin et l’histoire de l’art au Collège scientifique cantonal à Lausanne. Pendant cette période, ses occupations professionnelles l’obligent à ralentir sa production artistique.

Contraint de prendre une retraite anticipée à cause de problèmes de santé, le peintre regagne Yverdon en 1960. C’est le début d’une activité féconde menée en toute indépendance. Ses thèmes de prédilection sont le lac, la Thièle, la campagne vaudoise, quelques paysages bretons et provençaux, Venise… Tous les deux ans, une exposition a l’Hôtel de Ville d’Yverdon rencontre un succès mérité. La dernière manifestation de son vivant, dont le thème est René Berthoud ou la lumière transfigurée est réalisée a l’occasion de son 80e anniversaire en novembre 1981. En 2001, sa famille organise, pour son 100e anniversaire, une admirable exposition intitulée Regards d’un siècle.

Une promenade (un chemin piétonnier) d’Yverdon-les-Bains située le long de la Thièle et proche du lac porte son nom.

Selon France Terrier, Des rues et des hommes


Charles-François-Louis Bétrix (1808-1864), peintre

Charles Bétrix, originaire de Concise, est né en janvier 1808 et est décédé le 24 novembre 1864 à Yverdon.

Charles Bétrix s’établit à Yverdon en 1835. II épouse le 31 août 1842 Marie-Louise Madeleine Benoît de Concise. Le couple aura trois enfants: Louisa en 1846, Charles en 1853, qui fit un apprentissage d’horloger, et Jules deux ans plus tard. Artiste peintre et maître de dessin, il peint soit à l’aquarelle ou à la gouache, tout particulièrement des coins d’Yverdon: Clendy, la rue Haldimand, le bord de la Thièle, derrière le lac, le quartier de l’hôpital (de l’époque), où il habite. Quelques-unes de ses œuvres sont animées par la représentation d’un peintre… II travaille souvent avec son ami le lithographe Trachsel, qui imprime de nombreuses œuvres: la Plaine, la Place, Clendy, la Villette, le pont de Gleyres… Ce peintre a laissé de nombreuses œuvres représentant l’Yverdon de son époque.

Ses œuvres font le bonheur du Musée d’Yverdon et région et de maints particuliers.


André Bioley (1926-1987), céramiste et peintre

André Bioley est né et a passé son enfance à Cossonay. Après une formation de peintre modeleur-céramiste reçue à l’Ecole suisse de céramique de Chavannes-Renens, il est engagé comme décorateur à Rheinfelden. Vers 1950, il vient s’établir à Yverdon et travaille à la Céramique de cette ville jusqu’à sa fermeture en 1971.

Alors survient une période d’incertitude… et il décide, autant par goût que par volonté d’être indépendant, de vivre de son art. II se consacre à la peinture sur bois, à diverses techniques picturales (gouache, huile, craie, acrylique, etc. sur divers supports), à la sérigraphie et à la céramique. II a ainsi Ie plaisir de faire ce qu’il a envie. II peut traduire par Ie dessin et la peinture la beauté des sites pittoresques de la ville d’Yverdon à laquelle il est très attaché. II est constamment à la recherche de lieux ou de coins typiques, témoins du passé. Au travers de sa peinture, il peut donner libre cours à son imagination et à sa fantaisie par des créations géométriques ou abstraites, surréalistes ou fantastiques. Malgré un style personnel, ses activités créatrices n’étaient pas axées dans une seule direction: il était toujours prêt à exploiter une nouvelle idée ou une nouvelle technique.

André Bioley a exposé des céramiques, des peintures diverses, des sérigraphies dans bon nombre de galeries, entre autres au Lavoir à Cossonay, au Vieux Pressoir à Onnens, au Centre thermal ainsi qu’à l’Hôtel de ville d’Yverdon-les- Bains avec René Berthoud, son ami.


Edmond Bornand (1873-1954), peintre

Edmond Bornand, originaire de Ste-Croix, est né dans cette ville le 19 février 1873. II a d’abord exercé avec succès la profession de photographe avant de se mettre à la peinture. Installé en 1920 à Yverdon, il y a fait construire une maison en 1928 à la rue des Moulins où il est décédé le 21 mai 1954.

II avait épousé Louisa Michaud (1881-1938), soeur de Léon Michaud, une personnalité bien connue des Yverdonnois pour ses travaux d’historien. On peut supposer que cette relation familiale a orienté l’œuvre du peintre.

Edmond Bornand excellait dans l’art de l’aquarelle et de la peinture à l’huile et maîtrisait la technique de la gravure à l’eau-forte. II en est résulté une œuvre pleine de poésie avec beaucoup de lumière. Son art était de faire vivre ou revivre un paysage, un coin de ville, une rue, une rivière sauvage…

De nombreux Yverdonnois possèdent des œuvres de Bornand acquises lors de ses expositions ou celles organisées par sa fille Cécile Pillichody-Bornand. En 1954, l’imprimerie Henri Comaz a édité Le vieil Yverdon vu par le peintre Edmond Bornand (actuellement volume épuisé).

D’après Daniel Wasner, Votre Musée No 23


Cleradius Dangin, de Besançon

Dans Histoire et Annales de la ville d’Yverdon depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’année 1845, par A. Crottet, pasteur à Yverdon, il est rapporté en p. 381:

1646 – 9 mai. Le sieur Cleradius Langin*, peintre, ayant parachevé d’embellir le poisle** neuf du conseil, a requis recevoir sa besoigne et d’estre recompensé de ce qu’il aurait fait de plus. II a esté ordonné que, à la sortie du conseil, l’on ira en corps recognoistre le tout.

On peut encore admirer les chefs-d’œuvre de cet artiste dans la salle du Conseil municipal.

* Dangin
** la salle chauffée


Raoul Domenjoz (1896-1978), peintre

Raoul Domenjoz naît à Lausanne le 26 janvier 1896. Fils de professeur de dessin, très tôt, il a des crayons et des pinceaux dans les mains. Après ses classes, il commence un apprentissage dans un atelier d’architecture. En 1916, au cours d’un congé militaire, il part comme employé de commerce dans un comptoir du Sénégal. Le paludisme l’oblige à revenir en Europe. Dès 1919, il travaille le dessin en autodidacte.

En 1920, tenté momentanément par le cubisme, il part pour Paris et rencontre ses compatriotes Bosshard, Budry et Casimir Reymond. Deux ans plus tard, il présente une exposition personnelle dans une galerie privée. Le Salon des Indépendants accueille ses œuvres pour la première fois en 1924. En 27, il devient sociétaire du Salon d’automne, puis expose régulièrement au Salon des Tuileries et dans des galeries.

Entre 1925 et 1935, établi à Paris, Raoul Domenjoz visite le Midi et La Rochelle. II est très intégré à la scène artistique parisienne et figure au nombre des peintres retenus pour l’exposition organisée au Jeu de Paume sur l’art suisse contemporain. II effectue encore un séjour au Maroc, puis découvre Rome et l’Italie.

En 1939, il est mobilisé en Suisse comme soldat sanitaire et retrouve son ami Gilles sous l’uniforme. Durant cette période, il réalise des peintures murales pour la salle des Vignerons du Prieuré de Pully, pour le hall du Collège de Vevey et pour La Source à Lausanne. Sa première exposition en Suisse se tient au musée Arlaud. En 1947, il décore le Foyer du Théâtre de Lausanne. En 1950 il brosse les décors du Passage de l’Etoile, de Gilles, au Théâtre du Jorat et trois ans plus tard ceux du Silence de la Terre, de Samuel Chevalier.

Pendant toutes ces années, il réalisera de nombreuses expositions en Suisse et il voyagera dans plusieurs pays d’Europe. C’est à cette période qu’il sera souvent à Yverdon, puisqu’il va épouser Jeanne Bolomey, professeur d’anglais au collège de cette ville et qu’il peint le château avec la petite foire. Le Conseil de Fondation Wilhelm Gimmi lui décerne son prix en 1970. Après avoir cessé son activité artistique en 1976, Raoul Domenjoz décède le 16 juillet 1978 à Lausanne. De nombreuses œuvres sont au musée de Pully.

D’après un article de la BCU – Lausanne et des renseignements donnés par le Musée de Pully


Abraham-Louis-Rodolphe Ducros (1748 – 1810), peintre

Abraham-Louis Ducros est né à Moudon Ie 21 juillet 1748. Le père, Jean-Rodolphe, avait épousé Jeanne-Marie Bissat de Bercher. II vient s’installer à Yverdon comme maître d’écriture, enseigne au Collège et il est reçu bourgeois déjà en 1761.

Son fils Abraham-Louis, qui est né à Moudon le 21 juillet 1748, aurait fait ses études au Collège de Lausanne. En 1769 (il a 21 ans), il part à Geneve où il étudie le dessin avec un célèbre professeur qu’il accompagne en Flandres. Puis il se rend à Rome. C’est là qu’il donne toute la mesure de son talent. En 1784, il est célèbre et les princes se disputent ses œuvres. Il fait venir quelques artistes suisses pour travailler dans son atelier: entre autres Keisermann d’Yverdon, Birmann de Bâle, Mullener de Lausanne. Beat de Hennezel, artiste-peintre (projet pour la façade de l’Hôtel de ville), lui rend visite à Rome. A la fin du XVIIIe siècle, des revers financiers le contraignent à revenir en Suisse. II est accueilli chez son frère pasteur à Nyon, puis à Lausanne où il tente de créer avec l’aide de l’Etat une académie de dessin. Son projet ne pourra se réaliser, car il meurt en 1810.

Son œuvre est immense: des vues d’ltalie, tout particulièrement de Rome, de Naples et de leurs alentours, furent vendues par ses héritiers pour payer ses dettes. II dessina aussi des études de personnages et des lieux d’Yverdon, la ville de son enfance…


Un de ses élèves: Augustin Cosentin

Dans Histoire et Annales de la ville d’Yverdon depuis les temps les plus reculés jusqu’à I’année 1845, par A. Crottet, pasteur à Yverdon, il est rapporté en p. 550:
1812 – 27 septembre. On accorde cinq louis de gratification au sieur Augustin Cosentin, de Castellamare, royaume de Naples, élève de Ducros, pour quatre points de vue différents de la ville et de ses environs dont il a fait hommage à la municipalité.

Plusieurs de ses œuvres se trouvent aussi chez des particuliers et l’aspect naïf des personnages représentés leur apporte un certain charme.


Charles Egli, peintre

Charles Egli naît le 24 octobre 1927 a Rüti (ZH), originaire de Uster. II suit l’Ecole secondaire de Hombrechtikon (ZH).

En 1947 il s’établit dans le canton de Vaud, tout d’abord à Nyon. Puis, pendant deux ans effectue des études à Paris: à l’académie Fernand Léger, à l’académie de la Grande Chaumière, puis devient élève libre à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts. II peint la vie des Halles, les rues et leur animation, les bords de la Seine, etc. En 1950, Charles Egli s’installe à Yverdon où il réalise des portraits d’enfants, des scènes de marché et de plages, des rues, etc. Dès l’été 1959 il vit à Renens-Crissier. En 1960, il épouse Claudine Borel et le couple aura trois enfants. II s’établit définitivement à La Tour-de-Peilz en 1966.

Charles Egli réalise de nombreuses expositions: à Yverdon en 1951, 52 et 68, à Nyon en 1955 et 67, à Lausanne sept expositions, à Vevey de nombreuses aussi et à La Tour-de-Peilz également, dont la dernière, dans sa maison, cet automne 2009, intitulée Rétrospective.

Ce sont des huiles, des aquarelles, des dessins, qui tous expriment la beauté du quotidien, de ce et de ceux qui nous entourent.

Selon Dictionnaire des artistes suisses, tome V


Gabriel-Edouard Haberjahn (1890-1956), peintre

La famille Haberjahn, d’origine norvégienne – Habrian ou Haberian – s’était installée en Allemagne au début du XIXe siècle, avant de se fixer à Yverdon en 1831, ou Yan-Georg Haberjahn devait recevoir la bourgeoisie en 1845. II fonda une fabrique de lampisterie-ferblanterie, sise dans la zone libre qui n’est pas encore construite (actuellement zone de la gare).

Gabriel-Edouard Haberjahn qui naît à Yverdon le 4 novembre 1890 est son petit-fils. En 1905, il devient élève de l’Ecole des Arts industriels de Genève et en 1913 poursuit ses études à Paris. De retour en Suisse, il réalise des travaux de décoration (théâtre, paysages…). En 1926, il est appelé par le Département de l’instruction publique de Genève pour enseigner la peinture décorative. Puis il y crée l’enseignement de la publicité et des ateliers techniques (photo, gravure, litho). Haberjahn devient, en 1942, doyen de l’Ecole des Beaux Arts, des Arts décoratifs et de l’Ecole Normale de dessin.

Un ami le décrit par ces mots: Gabriel Haberjahn est un peintre dont le talent, doté d’une extrême sensibilité, nous conduit tel un poète au songe, à la rêverie et aussi au recueillement. Sa palette d’une rare subtilité lui permet de jouer avec une luminosité très nuancée et très juste. Paysagiste, portraitiste, dessinateur, graveur, maîtrisant l’huile et la gouache, avec des techniques surprenantes et souvent spontanées, il se rattache à la grande réalité poétique de l’Ecole de Paris dont il est un des prestigieux représentants.

Travaux exécutés: création d’un émail monumental pour le pavillon suisse de l’Exposition de Paris en 1937; en 1939, à Zurich, façade du palais de l’Horlogerie à l’Exposition nationale… En 1912, première exposition au Musée Rath avec 100 œuvres, puis nombreuses expositions à l’étranger (Paris, Prague, Munich, New York). En 1927, il réalise les décors de la pièce de théâtre intitulée Pestalozzi, création pour le 100° anniversaire de la mort du pédagogue, une affiche (portrait de Pestalozzi) et une gravure sur bois représentant Pestalozzi et des enfants. En 1930 il devient membre de la commission du Musée d’Arts et d’Histoire et membre de nombreux jurys cantonaux et fédéraux.

Parallèlement au doyennat qu’il assumera pendant 14 ans, il poursuit une activité artistique féconde et pleine de maturité, sillonnant l’Italie, la Provence, affectionnant Paris et le Valais, notamment Champéry.

II meurt à Genève le 13 mai 1956.


Henri Jaccard (1889-1963), peintre amateur

Henri Jaccard est né à Ste-Croix. Très jeune il se passionne pour le dessin et la peinture. Après ses études à l’Ecole Normale de Lausanne, il enseigne quelques années à Ferreyres, puis vient à Yverdon comme instituteur primaire.

Sa passion le conduit, durant son temps libre, à suivre des cours aux Beaux-Arts de Bâle. II peint de nombreux paysages du Jura vaudois et particulièrement de la région de Ste-Croix. Evidemment les lieux les plus pittoresques d’Yverdon ne le laissent pas indifférent. II les reproduira à l’huile, à l’aquarelle, au pastel, à l’encre de Chine…

II habitait à l’avenue Haldimand, dans la maison Burnand (aujourd’hui I’Hôtel du Théâtre).


François Knopf, peintre animalier

Je suis né en 1939 à Lausanne, Suisse. J’ai commencé à dessiner et à peindre autour de 18 ans et ai fait de nombreuses compositions personnelles de mes peintures animalières en Suisse et en Hollande. Un fait marquant dans ma vie de peintre: un amateur a acheté en 1987 les 41 peintures d’une de mes expositions. Et cela juste avant le vernissage!

J’ai toujours vécu avec ma famille: ma femme hollandaise et mes deux enfants, dans des endroits le plus près possible de la nature. D’abord dans une vieille ferme au-dessus d’un petit village agricole pratiquement entouré par des champs: Villars-le-Comte. Maintenant nous habitons à Ollon, dans une maison isolée en bordure de forêt, au pied des Alpes. Nous avons toujours été entourés d’animaux domestiques et sauvages.

Ma peinture représente essentiellement des animaux mais dans des situations insolites car mes premiers pas en peinture étaient dans le surréalisme. Les animaux que je peins sont généralement disproportionnés et errent dans un univers insolite pour eux. Je m’efforce de peindre le tout de la façon la plus réaliste possible. Et c’est cette juxtaposition d’atmosphères qui devrait provoquer une émotion chez le spectateur.


Martial Leiter

Né en 1952 à Fleurier (NE), Martial Leiter mène depuis le début des années 1970 une double activité de dessinateur de presse et d’artiste libre. Après un apprentissage de dessinateur technique, il se consacre au dessin artistique et expérimente la gravure et la lithographie. II travaille en tant que dessinateur de presse de 1974 à 1990, dans de nombreux périodiques suisses. Depuis 1991, il présente ses dessins corrosifs dans des journaux prestigieux, notamment le Tagesanzeiger et la NZZ à Zurich, Le Temps à Genève, Die Zeit à Hambourg ou Le Monde à Paris…

II expose depuis 1970 ses œuvres de peintre-dessinateur dans des musées, centres culturels et galeries, en Suisse et à l’étranger, et a remporté de nombreux prix, dont le Prix de la 9e Triennale Internationale pour gravures originales à Granges (1982), le Prix de la Fondation pour les arts graphiques en Suisse, E.T.S, Zurich (1983) et le Prix culturel de l’Union syndicale suisse (1994).

Martial Leiter a également créé des décors pour le Théâtre Populaire Romand à la Chaux-de-Fonds et l’Espace 2.21 à Lausanne. En 2004-05 a lieu son exposition devenue célèbre sur les Epouvantails à Cemier, installation monumentale d’une mystérieuse poésie. Sa dernière exposition, Guerres, s’est tenue à Neuchâtel au Centre Dürrenmatt pour les dessins de presse et au Musée d’art et d’histoire pour la production artistique.

Ses dessins de presse sont d’une qualité exceptionnelle. Son trait virtuose, d’une finesse inouïe, est mis au service d’un humour grinçant, d’une critique de la société sans concession. Ses dessins libres sont l’expression d’une souffrance, d’un mal-être, d’une menace, de la violence, autant de messages qui interpellent.

Ses œuvres ont été publiées dans divers ouvrages, notamment Du monde moderne: dessins (1989), Démocratie suisse et Cie (Kesselring, 1989) et Une autre planète: dessins (1993) aux éditions d’En-bas et Limmat Verlag.

D’après la présentation de l’exposition de Neuchâtel – 2009


Jacques Perrenoud, lithographe, imagier

Jacques Perrenoud fête son huitantième anniversaire en ce mois de décembre 2009.

II y a quarante ans, il quittait la ville et son bazar urbain pour s’installer à Baulmes. II avait besoin de créer et d’espace pour tracer son sillon selon son coeur.

Lithographe de formation, il rassemble des pierres, des presses et se met à l’ouvrage en artisan, comme les imagiers d’autrefois. De ses années de travail et de recherche sort une floraison de gravures, d’aquarelles, de dessins pour une clientèle de personnes, de paroisses, de communes, de sociétés diverses… pour des coups de coeur ou des commandes de fêtes, de souvenirs ou d’anniversaires.

Les gravures de Jacques Perrenoud sont simples, familières, toniques, car elles sont nées d’un coeur chaleureux, d’une main experte… et d’une patience exigeante et jubilatoire. II aime les maisons et les villages, les bateaux et les bords de mer, les arlequins, les masques et les animaux familiers, la couleur des fleurs et la grâce du corps féminin. Tous ses sujets qui flattent l’oeil sont des reflets, des signes ou des symboles d’une réalité invisible, des relais vers les mille et une formes de la beauté que chacun porte en soi.
D’après Joseph Jobé

Actuellement, Jacques Perrenoud se met à la gravure sur bois:

…prendre un morceau de bois, l’inciser, le graver,
tirer une épreuve sur un beau papier,
la colorier à l’encre…
voici comment naît une image.
C’est dans son atelier de Baulmes, au pied du Jura,
que Jacques Perrenoud, imagier, grave le bois,
l’imprime sur une presse ancienne
et colorie en les encrant une à une
ces feuilles de papier qui s’envolent
comme oiseaux dans le vent.


Historia Plantarum

Pyrame de Candolle, né en 1566 à Fréjus, homme d’une grande culture, avait fondé à Genève en 1591 son Imprimerie Helvetiale Caldoresque. En 1616 il la transfère à Yverdon. Alors déjà il avalt l’intention de publier l’Historia Plantarum de Bauhin et Cherler. L’édition de cette somme des connaissances botaniques de l’époque semble avoir été l’œuvre de sa vie: il n’en vint pas à bout et elle contribua à le ruiner. En faillite, en fuite, Candolle meurt à Versoix en 1626. II laisse l’ébauche de son Historia Plantarum ainsi que quantité de planches acquises à grands frais; le tout est déposé au grenier de la Ville.

En 1649, le médecin genevois Dominique Chabrey vient s’établir à Yverdon. Avec l’aide financière du bailli, F.-L. de Graffenried, il rachète Ie fonds de l’Imprimerie Helvetiale Caldoresque et publie les trois tomes de l’Historia Plantarum entre 1650 et 1651.


Frontispice:

Le frontispice du volume III est l’œuvre du graveur zürichois Conrad Meyer (1609-1680), artiste très fécond, élève de Matthaeus Merian, qui travailla surtout en Suisse et en Allemagne. Au fronton, un verset du Psaume 72, en latin: On te craindra tant que luira le soleil, tant que brillera la lune…; puis deux angelots tenant d’une main, le premier, les armes des XIII Cantons, soit, dans l’ordre: Zurich, Berne, Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, Zoug, Glaris, Bâle, Fribourg, Soleure, Schaffhouse, Appenzell; le second, les armes des alliés de la Confédération, soit, dans l’ordre: la Ville de Saint-Gall, l’Abbé de Saint-Gall, les trois Ligues grisonnes, le Valais, Rottweil (sur le Neckar), Mulhouse, Valangin, Genève et Neuchâtel.

Au bas, deux femmes dont l’une tient une carte de la Suisse centrale et l’autre désigne un médaillon représentant la ville d’Yverdon (Ebrodunu) vue du lac: à gauche, l’embouchure de la Petite Toile (actuel canal oriental) avec le pont de la Plaine et le Château; au centre, les remparts dont quelques vestiges subsistent à la rue des Remparts; entre les remparts et le lac, le lieu-dit Derrière-le-Lac, actuellement Place d’Armes; au second plan, l’ancienne église médiévale, démolie un siècle plus tard, dont la nef était en situation inverse de celle de l’actuelle église baroque de 1757; à droite, l’embouchure de la Thièle. Ce médaillon est la plus ancienne vue connue de la ville d’Yverdon.


Les auteurs: Jean Bauhin (1541-1612), célèbre médecin, surnommé le Père de la Botanique, fils du médecin de Marguerite de Navarre, né à Amiens, vécut à Tubingue, Montpellier, Padoue, Bâle, Lyon, Genève, et enfin Montbéliard. Jean-Henri Cherler (env- 1570-1610), médecin à Bâle, puis à Montbéliard, gendre et collaborateur du précédent.

Les éditeurs: Dominique Chabrey (1610-1669), médecin à Genève, à Montbéliard, puis à Yverdon. Botaniste lui-même, il révisa et compléta l’œuvre de Bauhin et Cherler. Francois-Louis de Graffenried, seigneur de Gerzensee, bailli d’Yverdon de 1646 à 1652. Commanditaire et co-éditeur de l’Historia Plantarum.

Bibliographie: Jean-Pierre Perret. Les imprimeries d’Yverdon au XVIIe et au XVIIle s. Librairie F. Roth & Cie, Lausanne 1945


Emile Sermet

Né aux Tuileries de Grandson Ie 24 janvier 1925, Emile Sermet suit les écoles primaire et secondaire d’Yverdon, puis l’Ecole Normale de Lausanne. Nommé instituteur en 1947, il enseigne quatre ans à Bretonnière, puis à Yverdon dès 1951. Devenu maître de classe supérieure, il enseigne comme tel durant dix ans, puis au Collège secondaire de la ville, où on lui confie l’enseignement des sciences naturelles et des mathématiques. Emile Sermet prend sa retraite en 1985 et, suite au décès de sa femme, s’établit deux ans plus tard à Aigle, où il réside actuellement.

Durant près de 45 ans, il consacre la quasi-totalité de ses loisirs à l’étude des oiseaux, publiera de nombreux articles, tout particulièrement dans la revue Nos oiseaux. En 1996, avec Pierre-Alain Ravussin, il fera éditer le magnifique ouvrage Les oiseaux du canton de Vaud.

Dès son établissement à Aigle, il délaisse partiellement l’ornithologie au profit de la peinture. II s’adonne ainsi depuis vingt ans, en autodidacte, à l’aquarelle, peignant surtout des paysages, paysages lacustres et jurassiens du Nord vaudois, auquel il demeure très attaché, mais aussi quelques portraits d’oiseaux. II se voudrait un continuateur des peintres locaux Bornand, Jaccard, Bioley, Berthoud. C’est d’ailleurs à ce dernier qu’il voue le plus d’admiration. II a le sentiment d’avoir peint toute sa vie, même s’il n’a pris les pinceaux que depuis deux décennies. L’aquarelle lui paraît, mieux que toute autre technique, à même de restituer une atmosphère, les harmonies d’un paysage. L’aquarelle le passionne, car elle relève aussi de l’aventure picturale, engendrant souvent des effets inattendus; elle échappe aux recettes, le hasard y jouant parfois un rôle déterminant.

A ce jour, Emile Sermet n’a exposé que neuf fois, dont deux fois au château d’Yverdon, une fois à Champ-Pittet, trois fois au Centre thermal d’Yverdon.


Matériel biographique rassemblé par Françoise Waridel