Exposition Yverdon et son Château au fil du Temps, introduction (tirage numérique grand format 230cm x 200cm). © tcherdyne communication & design 2009


En 1257, Pierre de Savoie, dit Le Petit Charlemagne, entreprend l’édification du Château et de la ville nouvelle d’Yverdon. Il en devient officiellement le maître en 1260.

L’emplacement choisi est des plus stratégiques: Yverdon est en effet située à l’intersection de la route qui relie l’Italie aux foires du Nord de la France avec celle qui mène de la vallée du Rhône aux bassins du Rhin et du Danube. Construite à l’extrémité sud du réseau des trois lacs, la ville est dotée de deux ports, l’un au pied du Château, l’autre sur l’embouchure de la Thièle. Yverdon exerce ainsi son contrôle sur les trafics terrestre, fluvial et lacustre et en tire un large profit.

C’est aussi une place forte presque imprenable. Implantée à l’extrémité d’une plaine marécageuse, bordée par le lac au nord et par les bras de l’ancienne Thièle sur les trois autres côtés, Yverdon est une île ceinturée par de hautes murailles (environ 9 mètres) qui la protègent également des fortes crues des rivières et des hautes eaux du lac. On y accède par deux ponts-levis qui franchissent la Thièle à l’est et à l’ouest, ponts-levis qui précédent deux portes débouchant sur l’axe de la Grande Charrière (actuelle rue du Milieu).

A l’intérieur de l’enceinte, trois rues partent en éventail du Château et de la place, structurant l’espace construit. La Grande Charrière (aujourd’hui rue du Milieu) relie la porte de la Plaine (à l’est) à la porte Bachiez (à l’ouest). Au nord, la rue du Lac ne possède pas de sortie vers la Thièle; elle tourne à angle droit en direction de la porte Bachiez (tronçon qui deviendra plus tard la rue du Collège). Au sud, la Charrière de la Thièle (actuelle rue du Four) est appelée ainsi, car la ville est bordée de ce côté par un bras de rivière qui sera comblé au cours du XVIe siècle. Construites entre les actuelles rue du Collège et rue du Pré, à l’emplacement du noyau présumé d’une petite agglomération antérieure à la construction de la ville, des halles accueillent le marché bi-hebdomadaire jusqu’au XVe siècle.

Alignées le long des rues, construites en bois et comportant un seul étage sur rez-de-chaussée, les maisons, toutes mitoyennes, possèdent des jardins et des cours dans lesquels sont parqués poules, cochons et lapins. Latrines et eaux usées sont déversées dans les ruelles punaises (puantes), situées à l’arrière des demeures.

A l’ouest de la ville, la confluence de la Thièle et du Mujon, ainsi que le Canal des Moulins, créé par les Savoie vers 1270, forment deux petites îles – aujourd’hui disparues – qu’il faut franchir avant d’entrer en ville. Celles-ci seront rapidement construites autour de l’Hôpital, cité en 1308 pour la première fois, établissement dont la vocation est de venir en aide aux miséreux et aux voyageurs démunis, conformément au devoir de charité chrétienne. Edifié par les habitants de la ville, abritant en outre la salle du Conseil des prud’hommes, ancêtre des autorités municipales, l’Hôpital est un premier témoin bâti de l’entité communale en train de se former. Les deux faubourgs apparus sur ces îles dès la fin du XIIIe siècle sont connus sous le terme de borjeaux, dits de l’Hôpital et des Moulins sur l’île la plus proche de la ville, de Gleyres et du Cheminet sur celle située au bord de la Thièle actuelle, à l’emplacement des anciennes casernes. Ils seront fortifiés aux XIVe et XVe siècles.

A l’est de la ville, un autre faubourg, dit de la Plaine, fait également son apparition au début du XIVe siècle. Les activités portuaires au pied du Château, mais surtout la nécessité, pour une population restée très paysanne, de disposer d’étables et d’écuries pour le gros bétail, ainsi que de granges pour le stockage et le traitement des céréales, expliquent l’apparition de ce faubourg dont l’aspect rural vient souligner celui, plus urbain, de la ville intra muros. La forme évasée de sa très large rue a certainement été imposée par les autorités savoyardes, l’espace situé devant le Château devant alors rester libre de toute construction pour pouvoir assurer une meilleure défense de celui-ci.


Premier plan connu de la ville livrant un parcellaire précis, datant de 1671, dû à l’ingénieur bernois Johannes Willading. Il a été retravaillé par Daniel de Raemy pour en faciliter la lecture. L’ancien bras de la Thièle qui contournait le flanc méridional du Château et de la ville a été reconstitué. Cet embranchement fut progressivement asséché au XVIe siècle, pour disparaître en 1615. © tcherdyne communication & design 2009


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